Mort et Renaissance:La Religion, c'est la Vie, et, dans ce contexte, la Mort n'est que la continuation de la Vie, la Vie continuée par d'autres moyens, pour paraphraser Clausewitz "Les splendides cultes des morts". Les anciens nordiques avaient de nombreux noms pour désigner ce que nous réunirions simplement sous le terme d'âme.
L'âme du Nordique assure la pérennité de l'individu, appelé à renaître dans un mouvement d'éternel retour. On remarquera avec întérêt que, dans diverses traditions, l'une des principales notions pour identifier cette âme désigne également la membrane placentaire (ici
hamr), stigmatisant la continuité entre la mort et la vie; la naissance n'étant qu'un passage.
Encore aujourd'hui, en Islande, on préfère dire qu'une personne décédée, non pas qu'elle est "morte", mais qu'elle est "hors du monde". Toute la tradition nordique montre que la démarcation entre vie et mort sont omniprésents. On remarque d'ailleurs que, dans le monde nordique ancien, la peine de mort était quasi inexistante et, en tous les cas, elle n'était sûrement pas le châtiment suprême (qui était le bannissement); preuve que la mort n'était pas vue comme un fin.
Don, Amour et Tolérance:Répétons-le encore une fois - parce que c'est véritablement le concept qui conditionne tout le reste -, la religiosité nordique (et la totalité des autres religions polythéistes à mon humble avis) c'est la Vie; Or, dans les langues nordiques, la racine étymologique de "Vie" est indissociable de celle d' "Amour" (il suffit de voir aujourd'hui l'anglais
Life/Love et l'allemand
Leben/Liebe...).
Cet "Amour" est au coeur - le coeur, symbole traditionnel germanique - du caractère multidimensionnel de l'Homme. Pourtant, l'amour est une notion ambiguë, pas toujours bien comprise. Seulement, il n'est pas vu ici comme une faiblesse, mais comme une force: c'est le ciment de la communauté - à travers le don de Soi, le respect et la tolérance - et la continuité de la lignée.
Le concept de "don" est donc indissociable de cet amour. En runologie, c'est la Rune Gebo
X qui restitue cette idée de "don". La forme de la Rune rappelle l'ancre des maisons, c'est l'homme ancré dans la vie, dans le monde, mêlant à égalité transcendance et immanence, horizontalité et verticalité. Ce don de soi à la communauté (pouvant aller jusqu'au sacrifice, voir celui de Tyr donnant sa main droite) est le gage d'un respect de l'ordre du monde.
Derrière ces notions d'amour et de don, on trouve un principe fort dans le monde nordique: la tolérance, qu'elle soit morale ou religieuse. La tolérance est corrélative du polythéisme. Elle sous-tend les respect de l'autre et, à travers celui-ci, le respect de soi.
Respecter l'autre, dans la mentalité germanico-nordique, c'est être prompt à la reconciliation. On a souvent présenté les traditions orales comme des traditions de la colère. Cette dernière et naturelle. Ce qui manque souvent à l'homme, dans la société moderne, c'est le sens de la réconciliation, qui, encore une fois, ne sera pas une faiblesse, mais une force au regard de l'ordre du monde. "Mettre du temps à s'offenser contre un frère, mais être toujours prêt à se réconcilier sans retard": tel est l'un des préceptes que plusieurs groupes nordiques demandent à leurs membres.
La polarité éthique: le Bien et le Mal:Nous venons de parler de tolérance morale. Il n'est naturellement pas question de faire ici une quelconque apologie de l'amoralisme, de la licence. C'est contrairement une responsabilisation de soi par une meilleure compréhension de l'autre. Mais
quid du Bien et du Mal dans la tradition nordique? On le sait, la dissociation du Bien et du Mal, la compréhension de ce concept, est au centre de la quasi-totalité des religiosités. Dans le Nord, comme dans la plupart des traditions naturelles, le Bien et le Mal - au sens moral absolu - sont confondus.
On va trouver du bien et du mal, de la polarité en toutes choses. Il n'appartiendra pas à l'Homme de juger ce qui est bien ou mal. Au regard du Nordique, ce qui est "mal", c'est ce qui est contraire à l'ordre naturel du monde, autrement dit le désordre. A l'heure dernière, rappelons-le, les forces d'ordre rassemblées sous la bannière d'Odin-Wotan affronteront les forces de désordre de Loki et Surt.
Seulement, nous n'irons pas ici dire qu'un camp est "bon" lorsque l'autre est "mauvais". Si les puissances divines sont arrivées à ce choc final, ce Ragnarök - littéralement la "consommation du destin des Puissances" -, c'est qu'elles sont, d'une certaine manière, entrées en déclin. Elles ont porté atteinte à l'ordre du monde, notamment en se parjurant, en distendant le lien social, en oubliant l'éthique. Dans ce monde assombri, le Dieu Balder le pur n'avait plu place et c'est pour cela qu'au début de ce processus, il s'est mis "hors du monde" pour attendre le retour de l'âge d'or. A l'heure du Ragnarök, les forces d'ordre et de lumière font face à leur propres ténèbres. Elles mènent leur combat intérieur pour retrouver la clarté aurorale, la pureté originelle. En soi, c'est à chaque instant que l'individu est confronté au Ragnarök et qu'il a à affronter ses propres forces de dissolution pour les maîtriser et aboutir à la dissolution de l'égo.
Finalement, dans le Nord, "Bien" et "Mal" vont pouvoir s'identifier à des notions très simples: le mouvement, le flux d'une part, et l'immobilisme ou la régressions, d'autre part. C'est dans l'action que l'individu se met en ordre, ce qui n'avance pas recule, c'est bien connu. Et n'oublions pas que le terme
Wyrd - cette incarnation de l'ordre du monde au diapason duquel il s'agit de se placer - vient d'une racine signifiant "devenir". C'est donc le mouvement qui permet de se conformer à l'ordre naturel, de se vertébrer tel l'axe du monde Yggrdasill.
Si vous avez des questions sur cet article, n'hésitez pas à les poser, je serais heureux d'y répondre.
Heimdallson.
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Hamar i Nordhri helga ve thetta ok hald vördh!
Hamar i Austri helga ve thetta ok hald vördh!
Hamar i Sudhri helga ve thetta ok hald vördh!
Hamar i Vestri helga ve thetta ok hald vördh!
Hamar yfir mer helga ve thetta ok hald vördh!
Hamarr undir mer helga ve thetta ok hald vördh!
Hamarr helga ve thetta ok hald vördh!
Um mik ok i mer Asgardh ok Midhgard!